La politique étrangère allemande. Ces principes et objectives et son impacte en RDC.

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- Honorables Députés et Sénateurs

- Cher M. Shabani

- Chers Professeurs

- Distingués invités

- Mesdames et Messieurs

Bienvenue à notre résidence. Je suis très honoré que vous êtes venus pour finalement savoir tout sur la politique étrangère de l'Allemagne, et je suis décidé de profiter de cette occasion: nos gardiens ont l'ordre de ne laisser quitter personne avant la fin de mon discours.

Notre thème alors est la politique étrangère allemande. Si on veut comprimer le fond historique de ce thème dans trois mots, c'est «unité – droit – liberté», les premiers mots de notre hymne national. Ce sont des valeurs centrales, et à plusieurs reprises de notre histoire elles se sont avérés comme essentielles dans notre vie nationale.

Pour presque mille ans, les allemands ont vécu dans un état qui s'appelait «Saint-Empire Romain de la nation germanique» duquel on a dit qu'il n'était ni romain ni germanique et ni pas du tout saint. Les empereurs allemands se sont trouvés dans l'obligation de faire revivre un empire qui était déjà décliné il y avait des siècles et qui comprenait des peuples européens divers, surtout des allemands et des italiens. Pendant que chez nos voisins européens, c'étaient des nations qui se sont formées dans des états modernes, la fondation de l'état moderne en Allemagne s'accomplissait dans des provinces et des villes. Cela provoquait une fragmentation incomparable; à un temps, il existaient plus que 600 états sur le territoire allemand.

C'était jusqu'à 1871 que les allemands devaient attendre leur état unifié. L'unité était une demande de la bourgeoisie en pleine expansion, et cette demande était étroitement liée à la demande d'un état de droit et à la demande de liberté, c'est à dire démocratie. Ces demandes se dirigeaient vers l'ancien régime des rois et princes allemands qui ne voulaient pas perdre leurs privilèges et qui avaient opprimé une révolution en 1848. L'état unifié était donc introduit par un représentant du nobiliaire, par Bismarck, qui était un révolutionnaire en ce qui concerne l'abolition de l'indépendance des petits états allemands mais qui était un réactionnaire en ce qui concerne la liberté; le nouveau parlement national n'avait même pas le droit de licencier les ministres. Mais, le droit pouvait se développer en Allemagne du 19ème siècle, et même les membres du nobiliaire devaient se plier devant la loi.

Le nouvel état allemand n'était pas exactement ce qu'on pouvait appeler un état sympathique, surtout après Bismarck. Il était fort, bavard et crâneur. Il voulait rattraper tout ce qu'on pensait d'avoir raté avant l'unification, et ses aspirations faisaient peur aux autres nations européennes qui, quand même, n'étaient pas inférieures à ce qui concerne la fureur nationaliste de ce temps. Cette fureur plongeait le monde dans la catastrophe de la première guerre mondiale.

Après cette guerre qui était perdue par les allemands, un état de droit, unifié et démocratique, était finalement achevé, mais il était peu aimé par la plupart des allemands qui l'ont associé à la perte de cette guerre. Cette République de Weimar, comme elle était appelée d'après la ville où sa constitution venait d'être adoptée, était déjà quatorze ans plus tard captivée par la figure la plus sombre de l'histoire allemande, Adolf Hitler. En s'abandonnant à l'idéologie nazie et en plongeant le monde de nouveau dans une guerre mondiale encore plus affreuse, les allemands ont perdu dans peu de temps tout ce pourquoi ils ont lutté pendant des siècles: unité, droit et liberté. Après la deuxième guerre mondiale ils étaient divisés en deux états allemands, tous les allemands étaient d'abord sous tutelle des vainqueurs de la guerre, et la partie est de l'Allemagne avait perdu sa liberté. Ce n'était qu'avant le 3 octobre 1990, alors il y a vingt et un ans, que l'Allemagne a retrouvé son unité et sa pleine souveraineté. À ce temps là, la RDC se rejouait de son indépendance déjà depuis trente ans.

Il faut bien connaître cette histoire pour comprendre les leçons que nous allemands en avons tirées. Les horreurs des deux guerres mondiales où les allemands ont perdu tout, y inclus grand parts de leur terre natale, ces horreurs déterminent la volonté de garder la paix à presque tout prix. Pour nous allemands, il est indispensable de travailler ensemble dans les systèmes internationaux, comme l'Union européenne dans notre voisinage et comme la famille onusienne avec le reste du monde. Le respect mutuel parmi des états, de l'un pour l'autre comme il est prévu dans nos traités internationaux, est un préalable pour la préservation de la paix.

Ce sont les souffrances des peuples pendant la guerre mais surtout à l'intérieure des dictatures qui sont à la base de notre deuxième principe: le respect devant le droit, et c'est toujours le droit de l'homme. Les atrocités qui étaient commises dans le nom allemand contre les juifs ont établi la ferme volonté dans notre peuple de ne laisser jamais arriver une chose pareille. Les droits de l'homme sont toujours en péril, et il faut les protéger toujours et partout.

Troisième leçon: La liberté est un bien précieux qu'il faut préserver aussi à presque tout prix. Un principe dépend de l'autre: Les dictatures comme ennemi naturel de la liberté sont aussi ce qui met en danger la paix et le droit. Elles sont agressives vers l'extérieur et ils ne respectent pas le droit vers l'intérieur, vers leurs citoyens. Alors: paix, droit et liberté vont ensemble. Agrandir l'image Quel est l'impact de ces principes de notre politique extérieure sur l'Afrique et sur la RDC? Notre ministère des affaires étrangères a récemment essayé de les transformer dans une stratégie vers l'Afrique. Voilà les éléments clés de cette stratégie:Il nous faut une analyse réaliste du continent qui prend note des transformations profondes politiques, économiques et sociaux en Afrique sub-saharienne.

- l'Afrique ne doit pas être réduite à un continent de guerre, de rébellion, de misère etc.

- l'Afrique se réjouit d'une croissance économique de 6% en moyenne depuis 2000, comme il est le cas aussi en RDC depuis quelques années

- l'Afrique a commencé son intégration continentale ainsi que régionale, particulièrement à travers l'Union africaine

- l'Afrique a trouvé de nouveaux partenaires parmi des pays émergents: la Chine, l'Inde, le Brésil et bien sûr sur le continent africain lui-même.

Bien en se rendant compte de ces développements sur le continent africain il faut aussi reconnaître de grands défis qui restent: des conflits armées, la pauvreté et la dégradation de l'environnement.

L'Allemagne en tant que partenaire de l'Afrique poursuit, en réalisant ses principes dans des conditions décrites, six priorités en Afrique:

I) la paix et la sécurité

II) la bonne gouvernance, l'état de droit, la démocratie et les droits de l'homme

III) l'économie

IV) le climat et l'environnement

V) l'énergie et les matières premières

VI) le développement, l'éducation et la recherche

La RDC donne un bel exemple pour la réalisation de cette stratégie. Il y a surtout trois champs sur lesquels l'Allemagne est active en RDC:

1. Sécurité, Stabilisation et Paix de la RDC

nous sommes convaincus qu'il y a une connexion proche entre le développement durable et la stabilisation et la pacification de la RDC;

l'Allemagne contribue à la reconstruction de la sécurité en RDC à travers les organisations multilatérales. Pour vous donner un exemple: l'Allemagne contribue chaque année 116 million USD au budget de la MONUSCO; en général, l'Allemagne est le troisième contributeur au budget globale du système onusien, comme aux budgets de UNESCO, PNUD et UNHCR;

à travers les missions EUSEC et EUPOL de l'Union européenne, l'Allemagne soutient la reforme du secteur de sécurité;

au niveau multilatéral et bilatéral, l'Allemagne investit environ 10 million USD annuellement dans l'aide humanitaire et transitoire. Là, l'accent est mis sur les premiers secours en faveur des réfugies et des victimes des violences sexuelles à l'est ainsi que sur la santé publique

à l'est du pays, il se trouve une contribution allemande très particulière: la réhabilitation de la piste à l'aéroport de Goma. Cela coûte 15 millions euros. Le but est de reconstruire une plaque tournante à l'est du Congo, qui a été endommagé gravement par la grande éruption du volcan Nyiragongo en 2002;

Dans le contexte des élections, nous contribuons surtout à travers les efforts de l'Union européenne qui donne 47,5 millions d'euros aux élections, mais nous poursuivons aussi des projets de sensibilisation pour les élections parmi la population. D'ailleurs, les fondations politiques de l'Allemagne sont très actives sur ce secteur.

2. Les priorités de la coopération germano-congolaise au développement

- Pour l'Allemagne, la RDC est un partenaire clé de la coopération au développement en Afrique;

- l'Allemagne est présente en RDC depuis plus de 35 ans à travers sa société de Coopération Technique (GIZ) et sa Banque de Développement (KfW), son Institut fédérale de Géo-sciences et de Ressources Naturelles (BGR), ses fondations politiques Konrad Adenauer et Hanns Seidel ainsi que de nombreuses organisations non-gouvernementales; 

- l'Allemagne n'a jamais cessé cette coopération au développement avec la RDC. Même dans les périodes difficiles, de guerre et de rébellion, l'Allemagne a soutenu la population congolaise;

- l'Allemagne concentre son aide - tout en conformité avec les objectifs du gouvernement congolais du développement et tout en concertation avec d'autres bailleurs internationaux - son aide sur trois pôles prioritaires: eau potable/assainissement, ressources naturelles/environnement et micro-finance;de plus l'Allemagne appuie la RDC dans les domaines de la santé, de l'intégration des jeunes défavorisés, des énergies renouvelables et à travers du Fonds pour la Consolidation de la Paix;

- au-delà l'Allemagne appuie l'intégration régional de la RDC dans le cadre des programmes régionaux, par exemple par de programmes régionaux visant à la protection du climat et de la forêt tropicale dans le bassin du Congo ou par le soutien de l'Allemagne du secrétariat de la Conférence internationale de la région des grands lacs (CIRGL);

Je vous prie de vous renseigner de plus près sur notre coopération au développement de l'Allemagne en RDC dans notre nouvelle brochure ici.

3. Culture

- Les deux pays de la musiqueNotre conviction est: la reconstruction d'un pays ne peut pas seulement inclure la reconstruction des routes, des écoles ou des ministères; 

- il faut aussi redécouvrir les sources culturelles de l'identité; 

- il faut reprendre la place traditionnelle congolaise en Afrique et dans le monde;

- c'est pourquoi l'ambassade facilite des projets musicaux germano-congolais, invite des musiciens allemands au Congo, et cherche des partisans allemands qui veulent aider des musiciens Congolais;

Nous sommes très heureux d'un partenariat entre l'orchestre symphonique Kimbanguiste et l'orchestre de la WDR; la passion pour la musique est un bien commun entre nos deux peuples, qui offre la possibilité d'un dialogue sans traduction!

Je vous remercie.

Dr Peter Blomeyer, Ambassadeur