Remise de deux diplômes honoris causa et l’ouverture du colloque régional du réseau des universités protestantes en Afrique
Le rôle de l'université face aux défis de développement en Afrique - Université Protestante au Congo
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(© Barbara Drexler)
Excellence, M. le Ministre
Magnificence M. le Recteur
Mesdames et Messieurs les Professeurs
Monsieur le Professeur Steffens
Monsieur Drinshaus
Chers Étudiants
Distingués Invités
Mesdames et Messieurs
D'abord, je tiens à remercier l' Université Protestante au Congo pour l'honneur qu'elle a accordé à mes deux compatriotes, Professeur Steffens et M. Drinhaus, honneur dont je suis fier moi aussi. Je crois que c'est un bel exemple pour la coopération et même l'amitié entre nos deux peuples.
Les universités, leurs professeurs et leurs étudiants ne vivent pas en dehors de la réalité. Le titre de ce colloque montre que vous en êtes bien conscients:
„Le rôle de l'université face aux défis de développement en Afrique“.
Ces défis sont particulièrement grands ici au Congo. Les temps de dictature, de conflits et de guerres sont à peine surmontés. Il est difficile d'établir les conditions pour une véritable démocratie ici comme on pouvait témoigner lors des dernières élections. Et la RDC est un pays post-conflit qui a des besoins douloureux de reconstruction.
Quel est le rôle que les universités peuvent jouer face à ces deux défis, l'établissement de la démocratie et le développement du pays? En ce qui concerne la démocratie, l'université peut montrer les conditions indispensables, les préalables de la démocratie, elle peut analyser des insuffisances et montrer comment les réparer. Cela devrait se dérouler sans aucune affinité à un parti politique. On peut, par exemple, constater qu'il faut absolument un consensus de tous les acteurs politiques sur la fondation de la démocratie – c'est le respect de la volonté du souverain primaire, c'est à dire le peuple – ainsi que la confiance de chaque parti vis-à-vis de l'autre parti, et espérant que ce dernier respectera cette volonté.
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(© Barbara Drexler)
Aujourd'hui, il faut constater qu'une telle confiance n'existe pas parmi des protagonistes politiques. Il faut faire des efforts pour la créer. Une telle confiance ne tombe pas du ciel, elle doit être établie par le dialogue. Malheureusement le dialogue n'existe pas ici. C'est là où je vois un rôle pour l'université: elle devrait demander, exiger ce dialogue et pouvait même le faciliter. Pourquoi ne pas organiser un colloque avec les protagonistes politiques venant des camps divers pour discuter dans l'atmosphère sereine de l'université ? L'autre réflexion:
L'université aurait la tâche de définir les besoins les plus pressants pour la reconstruction du pays et sa contribution propre.
Par exemple: La plupart de la population de la RDC travaille dans l'agriculture. Mais c'est l'agriculture de subsistance, et la plupart de la population rurale ne participe pas aux marchés. La population des villes doit souvent vivre des importations chères, une situation scandaleuse dans un pays tellement riche en terre. Il faut des enseignants qui vont aux villages pour montrer aux paysans comment produire pour les marchés et comment gagner l'accès aux marchés. L'université devrait analyser les besoins de cette formation professionnelle des paysans et se concentrer à la formation des enseignants. C'est un exemple pour le rôle des universités dans la reconstruction, c'est un exemple important il me semble.
Mon pays est au côté de la RDC dans cette reconstruction
, aussi à ce qui concerne les universités. L'Université Protestant au Congo est le partenaire du centre congolais-allemand de la micro-finance », qui est financé par la Frankfurt school of Finance and Management, et il y a une coopération entre l'Evangelischer Entwicklungsdienst et l'UPC; nous avons inauguré dans ce cadre la construction de la faculté de médecine l'année passée. Je suis très heureux que deux protagonistes de cette coopération, le professeur Steffen de la "Frankfurt school of Finance and Management" et M. Drinhaus de EED sont honorés aujourd'hui pour leur engagement.
Mesdames et Messieurs, chers étudiants, le futur, il est toujours ouvert. Et le futur, c'est à vous plutôt qu'aux vieux. Je souhaite que vous puissiez le former dans l'intérêt de tout votre peuple.
Je vous remercie.