Discours d'Ouverture et Inauguration Officielle des Bureaux BGR à Bukavu
Excellence, Monsieur le Gouverneur,
Excellence, Monsieur le Vice-Gouverneur,
Excellences,
chers collègues,
Mesdames et Messieurs,
les matières premières devraient être une bénédiction pour les pays qui les possèdent. Elles sont une richesse naturelle dont tous devraient profiter: Des entreprises qui les exploitent; des ouvriers qui se réjouissent d'un travail permanent; les commerçants qui vendent les produits à l'extérieur; l'état qui perçoit des impôts; et bien sûr la région et sa population en générale qui peut se développer à tous égards.
Et pourtant les matières premières se sont relevées bien trop souvent comme une malédiction parce qu'elles ont attirées les convoitises et les avidités des hommes qui ont dirigés le sort d'une région dans toute une autre direction. Si des rebelles ou des milices s'imposent sur une région et ses mines le résultat est le déclin de cette région: L'insécurité empêche les investissements des entreprises même si elles sont très intéressées à s'engager; les méthodes de l'exploitation deviennent inefficaces; parallèlement les conditions de travail s'aggravent, surtout la sécurité de travail; les commerçants perdent leur partenaires extérieurs parce qu´ils ne veulent pas être associés aux „minerais de conflit“; l'état perds des impôts, et la région perds sa chance au développement et le future de ses enfants.
Mesdames et Messieurs, vous savez bien que cela n´est pas une description hypothétique mais plutôt la réalité dans une grandes parties à l´Est de la RDC. Cette situation est intolérable, et le projet que nous inaugurons aujourd'hui, étant conçu par l'Institut de Géo-Sciences et Ressources Naturelles de la République Fédérale d'Allemagne en étroite coopération avec le gouvernement de la République Démocratique de Congo, veut contribuer à un changement profond. La certification des matières premières exploitées dans les mines de Kivu est un pas important dans la direction d'un commerce légal et fructueux pour tous les acteurs, en garantissant que les produits certifiés proviennent des mines avec des conditions de travail humaines et secures, pas dominés par des groupes hors de la loi, et qu'ils soient soumis à l'impôt légal de l'état. Cela donne aussi aux acheteurs et enfin aux consommateurs des produits finis, la sécurité de ne pas être impliqués dans un conflit avec lequel ils n'ont rien à faire.
Mesdames et Messieurs,
il est pourtant bien clair que le succès de ce projet dépend des conditions que le projet lui même ne peut garantir. Nous, les ambassadeurs des pays membres de l'Union Européenne, nous avons discuté hier profondément avec Son Excellence, Monsieur le Gouverneur et avec le gouvernement de la Province sur la question de savoir comment on pourrait s'approcher à une chaîne commerciale transparente et légale parce-que la condition préalable indispensable pour la certification est, bien sûr, que les mines correspondent aux principes et standards de la certification. Je pense qu'à ce moment, personne ne peut présenter des solutions prêtes à ce problème là. La décision du Président de la République de suspendre toutes les activités minières pourrait être le commencement pour la restructuration des mines. Pour cela, il faut un changement profond des conditions de travail dans les mines, il faut une participation et coopération des entreprises, des commerçants et des gouvernements central et provinciaux aussi bien que des partenaires internationaux, il faut en dernière ressort une protection militaire, et il faut probablement beaucoup de patience et un long souffle. Je souhaite de tout mon cœur que toutes ces conditions préalables pour le succès de ce projet puissent se réaliser en fin de compte, pour le bonheur de la population de la région.