Décès d’Helmut Schmidt : hommage de Frank-Walter Steinmeier

Helmut Schmidt / Offizielles Porträt 1985 Agrandir l'image (© Bundesregierung / Georg Bauer)

Le ministre fédéral des Affaires étrangères, M. Steinmeier, a déclaré à propos de la disparition de l’ancien chancelier Helmut Schmidt aujourd’hui (10 novembre) à Berlin :

« L’Allemagne se recueille. Le décès d’Helmut Schmidt m’inspire une grande tristesse.

Nous avons perdu, nous autres Allemands, une figure paternelle. Helmut Schmidt a exercé une profonde influence sur notre pays et sur nous-mêmes. Plusieurs générations, moi y compris, ont recherché et apprécié son acuité d’esprit et son autorité, dont il a fait preuve jusqu’à la fin de sa vie, à un âge vénérable.

Helmut Schmidt n’a pas seulement été un chancelier pour les Allemands : il a aussi été leur mentor.

Il a été un chancelier du progrès et un maître à penser de la mondialisation. D’origine hanséatique, il abhorrait les raisonnements en vase clos. Pour lui, la place de l’Allemagne a toujours été en Europe, et celle de l’Europe sur la scène mondiale.

Très tôt, sa vision de la construction européenne a ouvert la voie à la monnaie unique et à l’Union économique et monétaire. C’est à sa concertation étroite avec le président français Valéry Giscard d’Estaing que nous devons les échanges privilégiés entre les principaux pays industrialisés au sein du G7.

Foncièrement, fondamentalement, Helmut Schmidt était un réaliste hanséatique. Il savait qu’on n’améliore pas le monde avec des vœux pieux ni avec de belles paroles, mais par des actes. Bien souvent, que ce soit lors de la crise pétrolière des années 1970, durant « l’automne allemand » de 1977 ou dès les inondations catastrophiques à Hambourg en 1962, Helmut Schmidt a guidé notre pays dans des heures difficiles.

Nous pleurons un démocrate allemand, un précurseur européen et un esprit mondial.

Helmut Schmidt a été un grand homme d’État, jusqu’à sa dernière cigarette. »